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Semantiken des Barbarischen und der Rasse in Flauberts historischem Roman ‚Salammbô‘


Markus Winkler


Seiten 195 - 217



Le présent article concerne l’entrecroisement des sémantiques du ‘barbare’ et de la ‘race’ dans Salammbô (1862), roman historique de Flaubert. Le choix du sujet peu familier du roman, à savoir la rébellion des mercenaires de Carthage qui aboutit à une guerre ‘inexpiable’, provoqua la critique de Sainte-Beuve. Celui-ci méconnut pourtant que pour Flaubert, il s’agissait moins de narrer de manière captivante (et orientaliste) les faits historiques relatifs à la guerre des Mercenaires que de narrativiser les concepts structurant la manière dont ces faits sont présentés par l’historiographie ancienne (Polybe) et moderne (Michelet, Gobineau et al.). Ce sont avant tout le concept ancien de barbare et celui, moderne, de race qui dans le roman subissent une mise à l’épreuve narrative par l’intermédiaire du style indirect libre. Prêtant de manière anachronique ces concepts aux Carthaginois, Flaubert procède à leur généalogie narrative : derrière la ‘race’ se profile la classe et au fond du ‘barbare’ se tapit une dynamique aveugle de nivellement violent des hiérarchies que le concept est pourtant censé établir. Du même coup, le savoir historiographique ou anthropologique organisé par ces deux concepts finit par se révéler vide.

The present article deals with the intertwining semantics of the concepts ‘barbarism’ and ‘race’ in Flaubert’s historical novel Salammbô (1862). The choice of the novel’s rather obscure subject matter, namely the uprising of Carthage’s mercenary armies which led to a ‘truceless’ war, was strongly criticized by Sainte-Beuve. His criticism however was misleading insofar as Flaubert’s novel is not primarily concerned with narrating in a captivating (and orientalist) manner the historical facts of the Mercenary War. It rather aims at narrativizing the concepts that guide the ways in which those facts have been presented by ancient (Polybius) and modern (Michelet, Gobineau et al.) historiographers. Above all, the fundamental concepts of barbarism and race undergo a narrative staging by ways of free indirect discourse: Flaubert produces these concepts’ narrative genealogy by lending them anachronistically to the Carthaginians. It thus becomes evident that ‘race’ emerges from social class and that ‘barbarism’ conceals a blind dynamic of levelling out the very hierarchies that the concept is supposed to establish. Accordingly, the historiographical or anthropological knowledge organized by both concepts turns out to be empty.

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